Le jour où j'ai mordu mon fils

Eh oui, j’ai fait ça, un jour j’ai mordu mon fils. Je n’en suis absolument pas fière ! Vous vous dites peut-être que c’était en réaction à sa propre morsure ? Eh bien non. Vous vous demandez peut-être comment cela peut arriver à une professionnelle de l’éducation positive, qui devrait avoir tous les outils en main pour éviter cela avec brio ? Eh bien je vais vous expliquer ce qui s’est passé, comment j’en suis arrivée là et pourquoi, et ce que j’ai fait ensuite. C’est parti…

Un jour, fiston et sa sœur jumelle, 4 ans au compteur, étaient en pleine forme. Moi, pas du tout. La matinée avait été longue, la semaine aussi. J’étais fatiguée, voire même à cran. Je n’avais pas pris soin de moi depuis trop longtemps. Et j’avais déjà géré pas mal de désaccords entre mes enfants et entre nous depuis le réveil matinal. J’ai dit « d’accord pour un bonbon, mais un seul » après le repas, mais fiston, assis à la table de la cuisine, plonge derechef le bras en rigolant dans notre grosse boîte à caramels et en ramène trois de plus dans sa menotte fermée, qu’il lève au ciel en signe de victoire. Il se marre, et sa sœur aussi. J’avais les mains pleines d’assiettes et d’autres choses que je ne pouvais pas lâcher. Je n’ai pas réfléchi. Sa main était à portée de ma bouche, j’ai attrapé son poing avec mes dents, heureusement sans serrer. Je l’ai lâché immédiatement, atterrée par ma réaction disproportionnée et même aberrante. Cela m’a fait l’effet d’une douche froide et j’ai immédiatement demandé pardon à mon fils pour mon comportement inacceptable. J’avais vraiment merdé ! Chez nous, il est interdit de faire mal aux autres, même si on est fâché. Je lui ai aussi fait un énorme câlin et comme c’est un très gentil petit garçon, il a accepté mes excuses malgré la peur et la douleur que je lui avais causé. On a remis les bonbons dans la boîte et la boîte dans l’armoire, et je suis allée réfléchir à ce qui s’était passé, au calme, une fois mes enfants rassérénés.

Que s’est-il passé en moi, pour que je morde mon fils ?

Fatigue, stress, énervement, négligence de mes propres besoins, accumulation de solitude et de colère refoulée : les ingrédients étaient réunis pour que ma mémoire inconsciente, logée au cœur de mon cerveau archaïque, prenne le pas sur mon néocortex, responsable d’agir avec discernement et mesure. J’ai réagi en pilote automatique, comme si j’étais face à un danger. Comme nos ancêtres préhistoriques, j’ai montré les dents pour dire non, incapable sur le moment d’utiliser le langage. Cet événement a certainement réveillé un souvenir inconscient, mais toujours présent, où lorsque j’étais moi-même une petite fille, je n’ai pas pu dire non alors que je l’aurais souhaité. D’où la disproportion de ma réaction.

Quelles leçons en tirer ?

Je vous laisse tirer vos propres conclusions de cette petite histoire vécue que j’ai partagée avec vous. Pour moi, elle m’a servi de leçon exemplaire sur l’importance d’écouter mes besoins et mes ressentis au fur et à mesure pour éviter de faire mal à mes enfants et à moi-même, tout simplement.

Mère de jumeaux ou d'une fratrie, disputes incessantes

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